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Loi organique n° 22-10

Loi organique n° 22-10 du 9 Dhou El Kaâda 1443 correspondant au 9 juin 2022 relative à

Ce texte agit sur

  • modifie n° 98-01 (hors corpus)

Publication

Texte (42 article(s))

Article 22

Sous réserve des dispositions de l’article 21 de la présente loi organique, le tribunal du chef-lieu de la Cour comprend une section de l’application des peines.

Article 33

Sauf dispositions contraires de la loi, les tribunaux administratifs d’appel et les tribunaux| |Des juges de siège :||administratifs statuent en formation collégiale.| |— un président ayant, au moins, le grade de conseiller au||

Article 2

L’organisation judiciaire comprend l’ordre judiciaire ordinaire, l’ordre judiciaire administratif et le tribunal des conflits.

Article 10

Le président de la juridiction fixe, par ordonnance, après avis du procureur général ou du commissaire d’Etat, selon le cas, les audiences de vacation et désigne les magistrats chargés d’en assurer le service. Les ordonnances relatives aux audiences de vacation doivent fixer le nombre, l’horaire, le jour et la nature de l’audience. Elles peuvent être révisées, en cas de nécessité.

Article 12

La compétence de la Cour et du tribunal est déterminée par le code de procédure civile et administrative, le code de procédure pénale et les lois particulières en vigueur.

Article 1er

La présente loi organique fixe l’organisation judiciaire.

Article 11

Chaque juridiction comprend un greffe dont les modalités d’organisation et de fonctionnement sont fixées par voie réglementaire. ##### 16 juin 2022 ##### TITRE III ##### DE L’ORDRE JUDICIAIRE ORDINAIRE

Article 21

Le tribunal comprend les sections suivantes : — section civile; — section des délits; — section des contraventions; — section des référés; — section des affaires familiales; — section des mineurs; — section sociale; — section foncière; — section maritime; ##### — section commerciale. Toutefois, le président du tribunal peut, après avis du procureur de la République, soit réduire le nombre de sections, soit les subdiviser en sous-sections, selon l'importance et le volume de l'activité judiciaire. Chaque section du tribunal statue sur les affaires qui lui sont soumises, sauf si la loi en dispose autrement. Le tribunal peut comprendre, également, des pôles judiciaires spécialisés dont la composition est fixée dans le texte de leur institution.

Article 30

Le tribunal administratif d’appel est composé :||

Article 3

L’ordre judiciaire ordinaire comprend la Cour suprême, les Cours et les tribunaux.

Article 13

Les magistrats du ministère public exercent, au niveau de la Cour et des tribunaux en relevant, les missions qui leur sont dévolues par le code de procédure pénale, le code de procédure civile et administrative et les textes particuliers. ##### Chapitre 1er ##### Des Cours

Article 23

Les sections du tribunal sont présidées par des juges, en fonction de leur spécialité.

Article 37

Les procédures applicables devant les tribunaux administratifs et les tribunaux administratifs d’appel sont soumises aux dispositions du code de procédure civile et administrative et des textes particuliers.

Article 7

Le président de la juridiction, après avis, selon le cas, du procureur général, du procureur de la République ou du commissaire d’Etat, fixe par ordonnance, au début de chaque année judiciaire, la répartition des juges au sein des chambres, sections ou sous-sections, le cas échéant. Il peut présider toute chambre ou section. Le même juge peut être désigné dans plusieurs chambres ou sections.

Article 17

Sauf dispositions contraires prévues par la loi, la Cour statue en formation collégiale.

Article 27

Les règles relatives à la compétence, à l’organisation et au fonctionnement des juridictions militaires sont fixées par le code de justice militaire. ##### 16 juin 2022 ##### Section 3 Section 2 *Des tribunaux spécialisés* *De la composition*

Article 9

L’année judiciaire se termine par des vacances judiciaires dont la durée est de deux (2) mois, du 15 juillet au 15 septembre de chaque année. Pendant cette période, les juridictions sont chargées du jugement des affaires qui requièrent célérité et celles impliquant des détenus.

Article 19

Le tribunal est la juridiction du premier degré.

Article 4

L’ordre judiciaire administratif comprend le Conseil d’Etat, les tribunaux administratifs d’appel et les tribunaux administratifs. ##### TITRE II ##### DISPOSITIONS COMMUNES A L’ORDRE JUDICIAIRE ORDINAIRE ET A L’ORDRE JUDICIAIRE ADMINISTRATIF

Article 14

La Cour est la juridiction d'appel des jugements rendus par les tribunaux ainsi que dans les autres cas prévus par la loi. ##### Section 1 *De l’organisation et de la composition des Cours*

Article 24

Le tribunal statue à juge unique, sauf dispositions contraires prévues par la loi.

Article 35

En cas d’empêchement du président du tribunal administratif ou du président du tribunal administratif| |— un ou, le cas échéant, deux (2) commissaires d’Etat||d’appel, il est suppléé par son vice-président, et en cas| |adjoints.|Chapitre 2 Les tribunaux administratifs Section 1|d’empêchement de ce dernier, par le doyen des présidents des chambres. En cas d’empêchement d’un magistrat, il est procédé à son remplacement par un autre magistrat, par ordonnance du président du tribunal administratif ou du président du tribunal administratif d’appel.| ||De la compétence|

Article 20

Le tribunal comprend : ##### Les juges de siège : — un président du tribunal; — un vice-président; — des juges; — un ou plusieurs juge(s) d'instruction; — un ou plusieurs juge(s) des mineurs; — un ou plusieurs juge(s) d’application des peines, pour les tribunaux du chef-lieu de la Cour. ##### Les magistrats du ministère public : — un procureur de la République; — des procureurs de la République adjoints. Section 2 ##### De l'organisation et du fonctionnement

Article 5

L’année judiciaire s’ouvre par une cérémonie officielle, au siège de la Cour suprême, dans les deux (2) mois, à compter de la date de la fin des vacances judiciaires. L’année judiciaire s’ouvre au niveau des Cours, dans la semaine qui suit son ouverture au niveau national.

Article 8

Les jours, heures et lieux des audiences des juridictions, sont déterminés au début de chaque année judiciaire par ordonnances rendues par les chefs de ces juridictions, après avis du procureur général ou du commissaire d’Etat, selon le cas. Ces ordonnances peuvent être révisées, en cas de nécessité.

Article 18

En cas d'empêchement du président de la Cour, celui-ci est remplacé par son vice-président ou, à défaut, par le plus ancien des présidents de chambres. En cas d'empêchement d'un magistrat, celui-ci est remplacé par un autre magistrat par ordonnance du président de la Cour, après avis du procureur général. ##### Chapitre 2 ##### Des tribunaux ##### Section 1 *De la compétence et de la composition*

Article 28

La Cour peut comprendre des tribunaux

Article 38

Les modalités de gestion administrative et financière des tribunaux administratifs et des tribunaux administratifs d’appel, sont fixées par voie réglementaire. ##### Titre V ##### Des dispositions finales

Article 6

Les juridictions tiennent, leurs audiences à leurs sièges fixés par la législation et la règlementation en vigueur. Toutefois, elles peuvent, le cas échéant, tenir leurs audiences en tout autre lieu de leurs ressorts, par ordonnance du président de la juridiction, après avis du procureur général ou du commissaire d’Etat, selon le cas. Elles sont tenues, en tout autre lieu de leurs ressorts, par décision du ministre de la justice, quand il s’agit des audiences du tribunal criminel. En outre, les juridictions peuvent par arrêté du ministre de la justice, garde des seaux, sur demande des présidents de Cour et procureurs généraux ou des présidents et commissaires d’Etat près les tribunaux administratifs d’appel, tenir des audiences foraines périodiques, en dehors de leurs sièges et dans les limites de leurs compétences territoriales.

Article 16

La Cour comprend : ##### Les juges du siège : — un président de Cour; — un ou, le cas échéant, deux vice-présidents, en fonction de l'importance et du volume de l’activité judiciaire; — des présidents de chambres; ##### — des conseillers. ##### 16 juin 2022 ##### Les magistrats du ministère public : — un procureur général; ##### — des procureurs généraux adjoints. ##### Section 2 ##### Du fonctionnement des Cours

Article 26

Il existe au niveau de chaque Cour, un tribunal criminel de première instance et un tribunal criminel d’appel dont la compétence, la composition et le fonctionnement sont fixés par la législation en vigueur. ##### Section 2 ##### Des juridictions militaires

Article 31

Le tribunal administratif est la juridiction du||fonctions qui lui sont dévolues, en vertu du code de| |premier degré en matière administrative.||procédure civile et administrative et des textes particuliers.| ##### Chapitre 3 ##### Dispositions communes ##### 16 juin 2022

Article 15

La Cour comprend les chambres suivantes : — chambre civile; — chambre pénale; — chambre d'accusation; — chambre des référés; — chambre des affaires familiales; — chambre des mineurs; — chambre sociale; — chambre foncière; — chambre maritime; — chambre commerciale; ##### — chambre d’application des peines. Toutefois, le président de la Cour peut, après avis du procureur général, soit réduire le nombre de celles-ci, soit les subdiviser en sections, selon l'importance et le volume de l'activité judiciaire. Chaque chambre juge les affaires qui lui sont soumises, sauf si la loi en dispose autrement.

Article 25

En cas d'empêchement du président du tribunal, celui-ci est remplacé par le vice-président ou, à défaut, par le plus ancien des présidents de sections. En cas d'empêchement d'un juge, celui-ci est remplacé par un autre juge par ordonnance du président du tribunal, après avis du procureur de la République. ##### Chapitre 3 ##### Des juridictions spécialisées ##### Section 1 ##### Du tribunal criminel

Article 36

Le commissaire d’Etat auprès du tribunal administratif ou du tribunal administratif d’appel exerce les| |

Article 32

Le tribunal administratif est composé : spécialisés qui connaissent des contentieux à caractère commercial, foncier et prud’homal. **Des juges du siège :** TITRE IV — un président; — un ou, le cas échéant, deux (2) vice-présidents; **DE L’ORDRE JUDICIAIRE ADMINISTRATIF** — des présidents de sections; Chapitre 1er — des présidents de sous-sections, le cas échéant; **Les tribunaux administratifs d’appel** — des magistrats; ||Section 1|— des magistrats maîtres des requêtes;| |---|---|---| ||De la compétence|— des magistrats auditeurs.| |

Article 39

Sont abrogées, les dispositions de : — la loi organique n° 05-11 du 10 Joumada Ethania 1426 correspondant au 17 juillet 2005 relative à l’organisation judiciaire; — la loi n° 98-02 du 4 Safar 1419 correspondant au 30 mai 1998 relative aux tribunaux administratifs.Toutefois, ses textes d’application restent en vigueur jusqu’à la publication des textes d’application de la présente loi organique.

Article 29

Le tribunal administratif d’appel connaît de l’appel des jugements et ordonnances rendus par les||Des magistrats du commissariat d’Etat :| |tribunaux administratifs.||— un commissaire d’Etat;| |Il connaît, également, des affaires que lui confèrent les||— un ou, le cas échéant, deux (2) commissaires d’Etat| |textes particuliers.|Section 2 De la composition|adjoints.| |

Article 34

Le tribunal administratif est organisé en| |Conseil d’Etat;||sections et le tribunal administratif d’appel en chambres,| |— un ou, le cas échéant, deux (2) vice-présidents;||dont le nombre est fixé en fonction de la nature et du volume| |— des présidents de chambres;||de l’activité judiciaire, en vertu de l’ordonnance du président de chaque juridiction, après avis du commissaire d’Etat.| |— des présidents de sections, le cas échéant;||Il peut être procédé, le cas échéant, à la subdivision des| |— des conseillers.||sections du tribunal administratif en sous-sections et les chambres du tribunal administratif d’appel en sections, dont| |Des magistrats du commissariat d’Etat :||le nombre est déterminé selon les formes et les modalités prévues à l’alinéa 1er ci-dessus.| |conseiller au Conseil d’Etat; — un commissaire d’Etat ayant, au moins, le grade de||

Article 40

La présente loi organique sera publiée au *Journal officiel* de la République algérienne démocratique et populaire. Fait à Alger, le 9 Dhou El Kaâda 1443 correspondant au 9 juin 2022. Abdelmadjid TEBBOUNE. ————H———— **Décision n° 02/ D. CC/ CCC/22 du 9 Chaoual 1443 correspondant au 10 mai 2022 relative au contrôle** **de conformité de la loi organique modifiant et complétant la loi organique n° 98-01 du 4 Safar**

Article Annexe

##### 1419 correspondant au 30 mai 1998 relative aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement

Article Annexe

##### du Conseil d’Etat, à la Constitution. ##### ———— La Cour constitutionnelle, Sur saisine du Président de la République, conformément aux dispositions de l’article 190 (alinéa 5) de la Constitution, par lettre datée du 7 avril 2022, enregistrée au secrétariat général de la Cour constitutionnelle en date du 11 avril 2022, sous le numéro 50, aux fins de contrôler la conformité de la loi organique modifiant et complétant la loi organique n° 98-01 du 4 Safar 1419 correspondant au 30 mai 1998, modifiée et complétée, relative aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat, à la Constitution; Vu la Constitution, notamment ses articles 34 (alinéa 4), 42, 78, 140 (alinéas 2 et 3), 143, 144, 145, 148, 165, 168, 171, 179 (alinéas 2, 3 et 5), 190 (alinéa 5) et 225; Vu la délibération datée du 7 Chaoual 1443 correspondant au 8 mai 2022 fixant les règles de fonctionnement de la Cour constitutionnelle en matière de contrôle de conformité des lois organiques à la Constitution; Le membre rapporteur entendu; Après délibération; ##### En la forme : Attendu que la loi organique modifiant et complétant la loi organique n° 98-01 du 4 Safar 1419 correspondant au 30 mai 1998 relative aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat, modifiée et complétée, objet de saisine, à fait l’objet d’un dépôt comme projet a été déposé sur le bureau de l’Assemblée populaire nationale par le Premier ministre après adoption en Conseil des ministres et avis du Conseil d’Etat, conformément à l’article 143 de la Constitution. Attendu que la loi organique modifiant et complétant la loi organique n° 98-01 du 4 Safar 1419 correspondant au 30 mai 1998 relative aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat, modifiée et complétée, déférée à la Cour constitutionnelle aux fins de contrôler sa conformité à la Constitution, a été adoptée, conformément à l’article 140 de la Constitution, par l’Assemblée Populaire Nationale en sa séance plénière du 17 janvier 2022, et par le Conseil de la Nation en sa séance plénière du 30 mars 2022, tenues en la session ordinaire du Parlement 2021 – 2022. Attendu que la saisine de la Cour constitutionnelle par le Président de la République à l’effet de contrôler la conformité de la loi organique complétant et modifiant la loi organique n° 98-01 du 4 Safar 1419 correspondant au 30 mai 1998 relative aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat, modifiée et complétée, à la Constitution, est intervenue conformément aux dispositions de l’article 190 (alinéa 5) de la Constitution. ##### Au fond : **Premièrement :** En ce qui concerne l’intitulé de la loi organique, objet de contrôle de conformité : Attendu que la Cour constitutionnelle a noté que l’intitulé de la loi organique objet de contrôle de conformité est libellé comme suit « … relative aux attributions, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat ». Attendu que l’article 179 (alinéa 5) de la Constitution, a fait référence à l’intitulé de la loi organique en termes clairs, signifiants et précis, ainsi rédigé : « L’organisation, le fonctionnement et les attributions de la Cour suprême, du Conseil d’Etat et du tribunal des conflits, sont fixés par une loi organique ». Se fondant sur ce qui précède, l’intitulé conforme à la Constitution de la loi organique sera ainsi libellé « … relative à l’organisation, au fonctionnement et aux attributions du Conseil d’Etat ». ##### 16 juin 2022 **Deuxièmement :** En ce qui concerne les visas de la loi organique, objet de saisine : Attendu que la construction constitutionnelle de la législation organique, objet de contrôle de conformité, a omis de citer plusieurs articles de la Constitution de plus grande importance, se rapportant directement à la loi organique. Le législateur aurait dû s’y référer dans le contexte des visas. Il s’agit de ce qui est indiqué ci-après : ##### 1- En ce qui concerne la non référence à l’article 34 ##### (alinéa 4) de la Constitution : Ainsi rédigé : « Afin de garantir la sécurité juridique, l’Etat veille, dans la mise en œuvre de la législation relative aux droits et libertés, à assurer son accessibilité, sa lisibilité et sa stabilité ». Attendu que la notion de sécurité juridique a d’abord été mentionnée pour son importance dans le préambule de la Constitution et se lit comme suit : « Réaffirmant que la Constitution permet d’assurer la séparation et l’équilibre des pouvoirs, l’indépendance de la justice, ainsi que la protection et la sécurité juridique et démocratique et le contrôle de l’action des pouvoirs publics ». Attendu que l’article ci-dessus, a fait que l’un des devoirs assurés de l’Etat est de garantir l’accès à la législation, et la Cour constitutionnelle est intimement convaincue que cela ne pourra se faire que par la publication dans le *Journal* *officiel* de la République algérienne démocratique et populaire. ##### 2- En ce qui concerne la non référence à l’article 42 de la Constitution : Ainsi rédigé : « Les personnes démunies ont droit à l’assistance judiciaire. La loi détermine les conditions d’application de la présente disposition ». Attendu que la Cour constitutionnelle juge que le droit à l’assistance judiciaire est l’un des droits constitutionnels prévus à l’article susvisé, et concerne une catégorie de personnes identifiées par lesdits texte et description. ##### 3- En ce qui concerne la non référence à l’article 78 de la Constitution : Ainsi rédigé : « Nul n’est censé ignorer la loi. Les lois et les règlements ne sont opposables qu’après leur publication par les voies officielles ». Attendu que la Cour constitutionnelle reconnaît que cette disposition du Titre II, Chapitre II de la Constitution, portée aux avant-postes des devoirs en raison de son importance, concerne aussi bien les individus que les différents institutions et organes. Attendu que le Conseil d’Etat, en tant que juridiction suprême de l’ordre judiciaire administratif, applique les lois et les réglementations relatives aux litiges qui lui sont déférés et, à l’instar des autres institutions et organes, est soumis à la règle selon laquelle la loi ou la règlementation doit être publiée avant son application, afin de s’assurer de l’existence de la présomption de connaissance du texte. Attendu que, par conséquent, la publication des lois et réglements, outre de donner force probante au texte, permet, également aux individus d’y avoir accès et de connaître son contenu et sa tenue, ce qui représente dans la certitude de la Cour constitutionnelle, le premier devoir de sécurité juridique, et que par conséquent, le défaut de mentionner cette disposition constitutionnelle dans la construction constitutionnelle de la loi organique n° 98-01 susvisée, constitue une omission qu’il convient au législateur d’y remédier. ##### 4- En ce qui concerne la non référence à l’article 171 de la Constitution : Ainsi rédigé : « Dans l’exercice de sa mission, le juge est tenu d’appliquer les traités ratifiés, les lois de la République et les décisions de la Cour constitutionnelle ». Attendu que l’article 171 susvisé, introduit en vertu de l’amendement constitutionnel de 2020, oblige le juge, dans l’exercice de sa fonction, d’appliquer les traités ratifiés, les lois de la République ainsi que les décisions de la Cour constitutionnelle. Attendu que le terme « juge » a été cité dans l’article d’une manière générale, désignant de tel, tout juge relevant de l’ordre judiciaire ordinaire, ou de l’ordre judiciaire administratif, ce qui ne fait aucun doute pour la Cour constitutionnelle; et que par conséquent, la Cour conclut que le défaut de référence à cet article de la Constitution dans les visas de la loi organique, objet de saisine, constitue également une omission qu’il incombe au législateur d’y remédier, essentiellement pour sa grande importance, le caractère sérieux de son objet et pour son lien étroit avec la loi organique soumise au contrôle. ##### 5- En ce qui concerne la référence à l’article 224 de la Constitution : Attendu que l’article susvisé, introduit dans les dispositions transitoires, ainsi rédigé : « Les institutions et organes dont le statut a été abrogé ou modifié dans la présente Constitution, poursuivent l’exercice de leurs missions jusqu’à leur remplacement par de nouvelles institutions et organes dans un délai n’excédant pas une année, à compter de la date de publication au *Journal officiel* de la présente Constitution ». Attendu que la publication de l’amendement constitutionnel dans le *Journal officiel* de la République algérienne démocratique et populaire, a été faite en date du 15 Joumada El Oula 1442 correspondant au 30 décembre 2020. Attendu que compte tenu de cette date, le délai susmentionné a expiré, et que par conséquent, la Cour constitutionnelle juge inutile de se référer à l’article susvisé pour le motif sus-évoqué. ##### 16 juin 2022 ##### 6- En ce qui concerne la non référence à l’article 225 de la Constitution : Ainsi rédigé : « Les lois dont la modification ou l’abrogation sont rendues nécessaires en vertu de la présente Constitution, demeurent en vigueur jusqu’à l’élaboration de nouvelles lois ou leur modification dans un délai raisonnable ». Attendu que dans la conviction de la Cour constitutionnelle, cette disposition introduite dans la Constitution permettra aux anciennes lois de demeurer en vigueur jusqu’à leur remplacement par de nouvelles lois conformes à la Constitution, dans un délai raisonnable; sachant qu’il ne faut, en aucun cas, abandonner instantanément les anciennes lois, qui doivent demeurer en vigueur jusqu’à ce que de nouvelles lois appropriées et conformes au contenu de la nouvelle Constitution soient promulguées. Par conséquent, l’article 225 de la Constitution renferme selon la conviction de la Cour constitutionnelle, une disposition d’une très grande importance dont le législateur est tenu d’insérer dans les visas, et que sa négligence relève des omissions qu’il convient de corriger. ##### En ce qui concerne les visas : Attendu que la Cour constitutionnelle enregistre certaines lois d’une grande importance, étroitement liées à la loi organique, qui ont été exclues, par inadvertance, par le législateur, et qui doivent être citées en raison de leur lien étroit avec le texte soumis à son contrôle. Il s’agit de : ##### 1. En ce qui concerne la non référence à l’ordonnance ##### n° 71- 57 du 5 août 1971, modifiée et complétée, relative à l’assistance judiciaire : Attendu que le législateur n’a pas fait référence dans les visas de la loi organique objet de contrôle, à l’ordonnance n° 71-57 du 5 août 1971, modifiée et complétée, relative à l’assistance judiciaire, nonobstant le statut constitutionnel du droit à l’assistance judiciaire prévu à l’article 42 de la Constitution, ainsi libellé : « Les personnes démunies ont droit à l’assistance judiciaire ». Attendu qu’eu égard aux considérations sus-citées, la Cour constitutionnelle reconnaît que le défaut de faire référence à cette ordonnance dans les visas de la loi organique n° 98-01 constitue une omission et qu’il incombe au législateur d’y remédier. **2. En ce qui concerne la non référence à la loi n° 90-21 relative à la comptabilité publique :** Attendu que le législateur n’a pas fait référence dans les visas de la loi organique objet de saisine à la loi n° 90-21 du 15 août 1990 relative à la comptabilité publique, bien que la loi organique soumise au présent contrôle, stipule explicitement dans son article 13 que la gestion financière est régie par la loi relative à la comptabilité publique. Par conséquent, la non référence à la loi susvisée dans les visas de la loi organique, constitue également une omission qu’il convient de corriger. **Troisièmement : En ce qui concerne les articles de la loi organique, objet de saisine :** ##### 1. S’agissant de l’article premier dans le corps du texte : Attendu que la Cour constitutionnelle relève au niveau de l’article premier, un moyen relatif à l’emploi d’un terme ne figurant pas dans la Constitution et un autre moyen relatif à un renvoi absolu et imprécis. Sur le moyen relatif à l’emploi d’un terme ne figurant pas dans la Constitution : Attendu que l’article premier stipule ce qui suit : « La présente loi organique détermine, en application des dispositions de l’article 179 de la Constitution, les compétences, l’organisation et le fonctionnement du Conseil d’Etat ». Attendu que le fondement de la remarque de la Cour constitutionnelle quant à l’article sus-évoqué, du premier moyen, est que le législateur ne s’est pas limité, une fois de plus, les termes contenus dans la Constitution. Le terme « هلمعو » ne figure pas dans l’article 179 (alinéa 5) de la Constitution. En l’espèce, le législateur doit respecter les termes qui y sont contenus et reproduire fidèlement les articles de peur de s’écarter du véritable sens que leur a fixé le constituant. Sur le moyen relatif à un renvoi absolu, objet de l’article 179 : Attendu que l’article premier de la loi organique objet de contrôle de conformité, outre le terme non conforme à la Constitution, contient dans sa teneur un renvoi général, d’une manière absolue et non précise, à l’article 179 de la Constitution. Attendu que compte tenu de ce qui précède, et conformément aux dispositions de la Constitution, le législateur aurait dû faire preuve de précision dans le renvoi et éviter les termes de portée générale, d’exclure tout alinéa n’ayant pas de lien avec l’objet de la loi organique, se référer uniquement aux alinéas concernés de l’article 179, à savoir : les alinéas 2, 3 et 5 et d’exclure les deux autres alinéas restants, à savoir les alinéas (1er et 4) ne se rapportant certainement pas à l’objet de la loi organique. Attendu que compte tenu de ce qui précède, la Cour constitutionnelle formule le libellé exact de l’article 1er comme suit : « La présente loi organique détermine, en application des dispositions de l’article 179 (alinéas 2, 3 et 5) de la Constitution, l’organisation, le fonctionnement et les attributions du Conseil d’Etat ». ##### Par ces motifs ##### Décide ce qui suit ##### En la forme : **Premièrement :** Les procédures d’élaboration et d’adoption de la loi organique, objet de saisine, modifiant et complétant la loi organique n° 98-01 du 4 Safar 1419 correspondant au 30 mai 1998, modifiée et complétée, relative aux compétences, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat, viennent en application des dispositions des articles 140 (alinéa 3), 143, 144 (alinéa 2), 145 (alinéas 1er, 2, 3 et 4) et 179 (alinéa 5) de la Constitution, et sont donc conformes à la Constitution. **Deuxièmement :** La saisine de la Cour constitutionnelle par le Président de la République quant au contrôle de la conformité de la loi organique modifiant et complétant la loi organique n° 98-01 du 4 Safar 1419 correspondant au 30 mai 1998, modifiée et complétée, relative aux compétences, à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat, vient en application des dispositions de l’article 190 (alinéa 5) de la Constitution, et est conforme à la Constitution. ##### Au fond : **Premièrement :** La Cour constitutionnelle déclare la conformité de la loi organique relative au Conseil d’Etat, objet de saisine, à la Constitution, en prenant en considération ce qui suit : - L’intitulé de la loi organique est reformulé comme suit : « … relative à l’organisation, au fonctionnement et aux attributions du Conseil d’Etat »; - Insérer les fondements constitutionnels suivants : articles 34 (alinéa 4), 42, 78, 171 et 225 de la Constitution; - Supprimer l’article 224 de la Constitution des visas; - Insérer dans les visas les textes juridiques suivants : - L’ordonnance n° 71-57 du 5 août 1971, modifiée et complétée, relative à l’assistance judiciaire; - La loi n° 90-21 du 15 août 1990, modifiée et complétée, relative à la comptabilité publique. - L’article 1er de la loi organique, objet de saisine, sera ainsi reformulé : « La présente loi organique détermine, conformément aux dispositions de l’article 179 (alinéas 2, 3 et 5) de la Constitution, l’organisation, le fonctionnement et les attributions du Conseil d’Etat ». - La Cour constitutionnelle n’a relevé aucune violation à la Constitution quant au reste des articles de la loi organique, objet de saisine, qu’il convient, par conséquent, de les maintenir et de les consolider. **Deuxièmement :** La présente décision sera notifiée au Président de la République. ##### 16 juin 2022 **Troisièmement :** La présente décision sera publiée au *Journal officiel* de la République algérienne démocratique et populaire. Ainsi en a-t-il été délibéré par la Cour constitutionnelle dans ses séances des 7 et 9 Chaoual 1443 correspondant aux 8 et 10 mai 2022. ##### Le président de la Cour constitutionnelle ##### Omar BELHADJ — Leïla ASLAOUI, membre; — Bahri SAADALLAH, membre; — Mosbah MENAS, membre; — Djilali MILOUDI, membre; — Ameldine BOULANOUAR, membre; — Fatiha BENABBOU, membre; — Abdelouahab KHERIEF, membre; — Abbas AMMAR, membre; — Abdelhafid OSSOUKINE, membre; — Ammar BOUDIAF, membre; — Mohamed BOUTERFAS, membre. ————H————

Texte reconstitué automatiquement à partir du Journal officiel. Seule la version publiée fait foi.